Mesut Özil / Carrière
La carrière de Mesut Özil, de Gelsenkirchen à Istanbul
Révisé le 15 octobre 2026
La carrière de Mesut Özil ressemble à une pièce en cinq actes : une formation dans la Ruhr, une révélation à Brême, l’apogée à Madrid, une longue histoire d’amour contrariée avec Arsenal, puis un épilogue en Turquie.
Acte I : Gelsenkirchen, l’apprentissage
Né en 1988 à Gelsenkirchen, Özil joue enfant avec des garçons plus âgés sur des terrains bétonnés et grillagés. Il y développe ce qui deviendra sa signature : la conduite de balle dans les petits espaces et la prise d’information avant de recevoir le ballon. Il passe par Westfalia 04, Teutonia Schalke-Nord et Falke Gelsenkirchen, puis par le centre de formation de Rot-Weiss Essen, avant de rejoindre Schalke 04 en 2005.
Il fait ses débuts professionnels avec Schalke lors de la saison 2006-2007. Le talent est évident, mais les négociations autour d’une prolongation de contrat échouent. En janvier 2008, Schalke le vend au Werder Brême.
Acte II : Brême, la révélation
Au Werder, Thomas Schaaf lui confie les clés du jeu. Özil succède dans les esprits à Diego, le meneur brésilien du club. Il remporte la Coupe d’Allemagne 2009 en marquant l’unique but de la finale contre le Bayer Leverkusen, et dispute la finale de la Coupe UEFA perdue face au Chakhtar Donetsk. La même année, il gagne l’Euro des moins de 21 ans avec l’Allemagne.
La saison 2009-2010 l’installe parmi les meilleurs passeurs de Bundesliga. La Coupe du monde 2010 achève de le faire connaître au monde entier.
Acte III : le Real Madrid, l’apogée
Le Real Madrid de José Mourinho le recrute en août 2010. Özil devient le fournisseur attitré de Cristiano Ronaldo et de Karim Benzema. En trois saisons, il remporte :
- la Coupe du Roi 2011, après une finale gagnée contre le FC Barcelone ;
- la Liga 2012, avec le record de 100 points ;
- la Supercoupe d’Espagne 2012.
Ses statistiques de passes décisives le placent régulièrement en tête du championnat. Son transfert à Arsenal, en septembre 2013, surprend les supporters madrilènes. Plusieurs coéquipiers, dont Cristiano Ronaldo, regretteront publiquement son départ.
Acte IV : Arsenal, le long chapitre anglais
Arsenal paie environ 50 millions d’euros pour l’attirer, un record pour le club. Les débuts sont euphoriques : en mai 2014, la victoire en FA Cup met fin à neuf ans sans titre. Deux autres FA Cup suivent, en 2015 et 2017.
La saison 2015-2016 est la plus aboutie : 19 passes décisives en Premier League, à une unité du record de Thierry Henry. Özil prolonge en 2018 et devient le joueur le mieux payé de l’histoire du club.
Les dernières années sont plus tendues. Moins utilisé sous Unai Emery, il est finalement écarté des listes de Premier League et de Ligue Europa par Mikel Arteta à l’automne 2020. Il quitte Londres en janvier 2021 après plus de 250 matchs avec les Gunners.
Acte V : l’épilogue turc
Supporter de Fenerbahçe depuis l’enfance, Özil y réalise un rêve en janvier 2021. Les blessures et des désaccords avec le club l’écartent toutefois du groupe en 2022. Il rejoint alors İstanbul Başakşehir, mais son dos le fait souffrir et il joue très peu. Le 22 mars 2023, il annonce sa retraite sur les réseaux sociaux en remerciant tous ses clubs et ses entraîneurs.
Ce qu’il laisse
Özil n’a jamais été un joueur de chiffres de buts. Son héritage, ce sont les passes : celles qui cassaient une ligne défensive, celles qui transformaient une contre-attaque en but. Pour beaucoup de meneurs de jeu formés dans les années 2010, il reste une référence.